Le Polythéisme Héllénique
Extrait de « Du polythéisme héllénique » par
Louis Ménard.
*On comprend la terreur de l’homme humilié dans les déserts
de sable, où une seule force vivante, le Sémoun, celui dont la colère est un
feu dévorant, empli dans son immensité les muettes solitudes. Mais ce n’est pas
la crainte qui a révélé les Dieux de la Grèce : pour cette race heureuse,
née sous un ciel clément, bercée par la voix des sources chantantes, caressée
de fraîches brises sur la mousse humide des bois, le premier réveil fut un
enchantement, la première parole une bénédiction.
- Le
polythéisme originel n’a laissé que de faibles traces chez les Hébreux. De
très-bonne heure tout s’efface pour eux devant leur Dieu national, le Dieu
du désert.
- « Qui
est comme toi, parmis les Dieux, Jeovah,
magnifique en sainteté, terrible dans la gloire, faisant des
merveilles ? » . Bientôt même, obligé de se roidir contre
les puissants voisins qui veulent les absorber, ils font du Dieu de leur
race non seulement le Dieu suprême mais aussi le Dieu unique :
« Jeovah, Dieu d’Israel, assis sur les Chroubim, tu es le seul Dieu
de tous les royaumes, tu as fais les Cieux et la Terre ».
*Les Grecs, au lieu de s’arrêter a l’unité de la substance
éternelle, distinguent les qualités premières, créatrices des formes, car les
choses n’existent que par les différences qui permettent de les reconnaître et
de les nommer. De là l’emploi du substantif en hébreux et de l’adjectif en
Grec : la substance est une, la forme est multiple.
- Les
noms propres des Dieux grecs sont des épithètes exprimant le caractère
spécial, l’attribut distinctif de chacun des principes du monde. Quant a
leur nom générique ,θεός,
on a l’habitude de le rapprocher du latin « deus » et du
sanskrit « deva » et de le rattacher a la racine
« div », briller. Mais le mot grec qui correspond a deus et deva
est l’adjectif διος qu’Homère applique aux Dieux, aux Héros et aux éléments ; il dit
souvent δια θεαών,
la brillante ou l’illustre Déesse et jamais θεια θεαών, la divine Déesse, de qui
serait pléonasmique. Les mots διος et θεός ne représentent
donc pas la même idée et en admettant leur identité originelle, il faut
reconnaitre qu’a un certain moment les Grecs leur ont attribué des sens
différents. C’est donc dans la langue grecque qu’il faut chercher la
raison de cette différence. On ne peut accepter l’explication de Platon
qui fait dériver θεός de
Θέειν, courir, par
allusion au mouvement des astres ; les Grecs avaient d’autres Dieux
que les astres, et entre autre la terre, qu’ils croyaient immobile.
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Dernière mise à jour de cette page le 13/05/2008